Andorre-la-Vieille : un nouveau chapitre diplomatique

Il y a des rencontres qui ouvrent un chapitre, et d'autres qui en referment un autre pour de bon. Celle du 26 mai à Andorre-la-Vieille appartient aux deux catégories à la fois.
Reçue en audience en compagnie du Ministre Crispin Mbadu, mandaté par le Président Félix-Antoine Tshisekedi, par Son Excellence Madame Imma Tor, Ministre des Affaires étrangères de la Principauté d'Andorre.
Cette audience intervenait dans un contexte particulier : celui du rétablissement officiel des relations bilatérales entre nos deux pays, à la suite de la signature d'un protocole de reconnaissance mutuelle.
Je mesure la portée symbolique de ce moment. On ne construit pas une candidature sur des relations qui n'existent pas ; on la construit d'abord en tissant, ou en retissant, des liens sincères entre États.
Andorre est une principauté que l'on associe rarement aux grandes manœuvres diplomatiques de notre espace francophone. C'est précisément pour cela que j'ai tenu à ce que ma candidature s'y adresse avec la même considération qu'aux capitales les plus influentes. La Francophonie institutionnelle a besoin de voix comme la sienne : discrètes, mais attachées aux principes qui fondent notre Organisation.
Nous avons présenté à la Ministre Tor la vision que je porte pour l'OIF : celle d'une Francophonie modernisée, capable de répondre aux défis du XXIe siècle. La jeunesse, le numérique, l'égalité des chances, la diversité culturelle, la solidarité entre les peuples, la place des femmes dans la gouvernance internationale : ce sont là les axes autour desquels je veux rassembler, au-delà des clivages habituels entre grandes et petites nations, entre pays du Nord et pays du Sud de notre espace commun.
Ce qui m'a frappée dans cet échange, c'est la manière dont Andorre aborde sa propre place dans le monde : sans complexe de taille, avec la conviction que la qualité d'un engagement ne se mesure pas à la surface d'un territoire. Je crois profondément à cette philosophie.
Une Francophonie d'action ne se construira pas seulement dans les grandes conférences internationales ; elle se construira aussi dans ces audiences plus modestes, où deux ministres prennent le temps de poser les bases d'une relation nouvelle.

Ce rétablissement des relations bilatérales entre la RDC et la Principauté n'est pas un simple geste protocolaire. Il ouvre, je le crois sincèrement, une séquence fondée sur le dialogue politique et la coopération multilatérale, dans un espace francophone où la convergence des visions compte davantage que la convergence des tailles.
À quelques mois du Sommet de Phnom Penh, chaque étape de cette nature me rappelle une évidence : la République démocratique du Congo, premier pays francophone au monde par le nombre de ses locuteurs, ne peut prétendre porter une vision universelle de la Francophonie si elle ne sait pas, elle-même, tendre la main aux nations les plus discrètes de notre espace commun.
Je repars d'Andorre-la-Vieille avec la conviction que cette nouvelle relation bilatérale, née dans le contexte de ma campagne, lui survivra bien au-delà du Sommet de novembre. C'est peut-être cela, au fond, la meilleure définition d'une diplomatie réussie : des liens qui durent plus longtemps que les circonstances qui les ont fait naître.
Je remercie la Ministre Imma Tor pour la qualité de cet échange, et la Principauté d'Andorre pour l'attention sincère portée à une candidature qui se veut, avant tout, celle d'une Francophonie d'action, d'influence et d'avenir.
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