La RDC, cœur battant de la Francophonie : une légitimité historique, démographique et culturelle
Il y a des phrases qui disent en une ligne ce que des années de discours institutionnels n'étaient pas parvenues à formuler. Celle du Président Emmanuel Macron, en Égypte, à l'occasion de l'inauguration du nouveau campus de l'Université Senghor à Borg El Arab, en fait partie : « L'épicentre de la langue française se trouve aujourd'hui dans le bassin du fleuve Congo, et non sur les quais de Seine, car c'est là qu'il y a le plus de locuteurs. »
En rappelant cette vérité, le Président français a acté quelque chose que beaucoup pressentaient sans oser le formuler aussi clairement : le basculement géopolitique de notre espace francophone commun.
La République démocratique du Congo est aujourd'hui, au sens le plus littéral du terme, le cœur battant de la Francophonie.
Une légitimité que je n'invente pas, que je constate
Je ne fais que rappeler des chiffres. Avec plus de 100 millions d'habitants et une jeunesse vibrante, mon pays n'est plus seulement le premier pays francophone au monde par la démographie ; il en est devenu, sans toujours le revendiquer avec la force nécessaire, le moteur de la créativité et de l'avenir.

Cette réalité démographique n'est pas un argument de circonstance. Elle est une donnée structurelle qui, à mes yeux, appelle une conséquence simple : la gouvernance de notre Organisation doit refléter sa base réelle, ses locuteurs réels, sa jeunesse réelle.
Pendant longtemps, la Francophonie s'est pensée depuis ses capitales historiques. Ce temps est révolu, non par choix, mais par la force des faits démographiques.
Nos enfants, à Kinshasa, à Lubumbashi, à Goma, à Kisangani, parlent français dans des proportions que peu de capitales européennes peuvent encore revendiquer avec la même vigueur. Cette jeunesse ne demande pas une place par générosité ; elle l'occupe déjà, dans les faits, et attend simplement que nos institutions en prennent acte.

C'est au nom de cette légitimité historique et démographique que je porte ma candidature au Secrétariat général de l'OIF. Je ne la présente pas comme une revendication identitaire, encore moins comme un rapport de force entre nations. Je la présente comme une évidence arithmétique et humaine, que les mots du Président Macron n'ont fait que mettre en lumière avec clarté.
Je veux une Francophonie des peuples, et non une Francophonie des seules chancelleries. Une Francophonie qui investit dans l'éducation, là où la démographie explose, qui accompagne le numérique là où la connectivité manque encore cruellement, qui soutient la création culturelle là où elle est la plus vivante et la moins financée.
Le Congo n'a pas vocation à remplacer un centre de gravité européen par un centre de gravité africain dans une logique de substitution. Il a vocation à rappeler que la Francophonie n'a jamais été la propriété d'un seul continent, et que sa vitalité future dépendra de sa capacité à écouter là où elle vit réellement, aujourd'hui, à travers le monde.
C'est cette Francophonie ambitieuse, résolument tournée vers l'Afrique sans jamais se refermer sur elle, que je veux porter jusqu'au Sommet de Phnom Penh. Une Francophonie qui, enfin, ressemble à ceux qui la font vivre.
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