Bangui : l'Afrique centrale, un même destin dans la francophonie
Il y a des frontières qui séparent des États, mais qui ne séparent jamais vraiment les peuples. Entre la République démocratique du Congo et la République centrafricaine, la frontière du fleuve Oubangui a toujours été davantage un trait d'union qu'une limite.
C'est dans cet esprit que je me suis rendue à Bangui le 5 mai, où le Ministre Crispin Mbadu, porteur d'un message du Président Félix-Antoine Tshisekedi, a été reçu à la Cité des Chefs d'État par Son Excellence le Président Faustin-Archange Touadéra.
Une audience qui, au-delà du protocole, m'a permis de mesurer une fois encore combien nos deux nations partagent une même histoire, une même culture, et souvent une même table.
Je ne suis pas venue à Bangui uniquement pour solliciter un soutien électoral. Je suis venue parler d'une ambition commune : celle d'une Afrique centrale qui cesse d'être perçue comme une périphérie de la Francophonie, et qui en devienne un centre de proposition.
Notre région a trop longtemps été regardée à travers le prisme de ses fragilités. Je veux qu'elle soit désormais regardée pour ce qu'elle peut apporter : sa jeunesse, ses ressources, sa créativité, et une solidarité entre peuples qui n'a jamais failli, y compris dans les moments les plus difficiles.
Nous avons parlé de l'intégration régionale, de la place de la CEEAC dans les grands équilibres continentaux, et de la nécessité de faire entendre une voix africaine forte et unie au sein de l'OIF. Une Francophonie qui ignorerait les priorités de l'Afrique centrale ne serait, à mes yeux, qu'une Francophonie à moitié fidèle à sa vocation.
Je garde de Bangui l'image d'une fraternité qui ne se décrète pas, mais qui se vit. C'est cette fraternité que je veux porter jusqu'au Sommet de Phnom Penh, convaincue que la légitimité d'une candidature africaine à la tête de notre Organisation se construit d'abord dans la solidarité de son propre continent.
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