Déplacement8 mai 2026 · São Tomé · Temps de lecture : 3 min

São Tomé-et-Príncipe : une île, une voix et une même vision de l'avenir

On mesure parfois la valeur d'une alliance à la taille de l'État qui l'offre. Je préfère la mesurer à la sincérité de son engagement. São Tomé-et-Príncipe m'a offert, le vendredi 8 mai, une leçon de cette sincérité.

Reçue en audience par Son Excellence le Président Carlos Manuel Vila Nova, ma délégation, conduite par le Ministre Crispin Mbadu, portait un message d'amitié du Président Félix-Antoine Tshisekedi. Un message de fraternité, mais aussi un plaidoyer pour ma candidature au Secrétariat général de l'Organisation internationale de la Francophonie.

Ce pays qui accueille entre autre la célèbre " Ecole préparatoire Patrice-Lumumba " est le reflet de la solidarité et de l'inclusion de notre espace Francophone que souhaite porter haut en incluant les états insulaires à la réflexion collective sur l'avenir de notre organisation et à la circulation des talents.

Ce que j'ai voulu partager avec le Président Vila Nova, c'est une conviction simple : les petites nations insulaires ont souvent une longueur d'avance sur les grandes puissances lorsqu'il s'agit de penser la vulnérabilité, l'adaptation et la solidarité. São Tomé-et-Príncipe, comme tant d'îles de notre espace francophone, sait ce que signifie composer avec des ressources limitées et une exposition directe aux bouleversements climatiques. C'est une expérience dont la Francophonie tout entière devrait s'inspirer davantage.

Nous avons parlé de l'intégration au sein de la CEEAC, de la place de l'Afrique centrale dans les grands équilibres internationaux, et de la nécessité de faire de notre Organisation un espace où les voix des petits États pèsent autant que celles des grandes capitales.

C'est une exigence de justice, mais aussi de lucidité : une Francophonie qui n'écouterait que ses membres les plus puissants finirait par perdre ce qui fait sa richesse.

Cette étape s'est inscrite dans le prolongement direct de ma visite à Bangui, trois jours plus tôt. Deux capitales d'Afrique centrale, deux accueils fraternels, une même conviction partagée : celle d'une Francophonie qui doit se réinventer à partir de ses marges autant que de ses centres.

Je repars de São Tomé avec la certitude que les soutiens les plus précieux ne sont pas toujours les plus bruyants. Ils sont ceux qui, comme celui du Président Vila Nova, s'enracinent dans une conviction partagée pour l'avenir de notre espace commun, à quelques mois du Sommet de Phnom Penh.

 

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